27 février 2007
Volem rien foutre al païs - Pierre Carles (2006)
Dans cette guerre économique, qu'on nous avait promise il y a bien des années et qui avance comme un rouleau compresseur, existe-t-il encore un sursaut d'imagination pour résister ?
Mis en demeure de choisir entre les miettes du salariat précaire et la maigre aumône que dispense encore le système, certains désertent la société de consommation pour se réapproprier leur vie.
"Ni exploitation, ni assistanat !" clament-ils pour la plupart. Ils ont
choisi une autre voie, celle de l'autonomie, de l'activité choisie et des pratiques solidaires...
Après l'excellent Attention danger travail, le dernier film de l'agitateur Pierre Carles est enfin annoncé dans les salles. Ce sera pour le 7 mars et les avant-premières ont commencé. La liste de celles-ci et tout le reste se trouve sur le site du film.
Voilà déjà la bande-annonce :
Volem rien foutre al païs - B-A
envoyé par ricar_mm
Et le film vu par Noël Godin :
Cette fois, ce n’est plus seulement à un bricolage séditieux, sympa, tonique, boyautant et malicieusement rentre-dedans que nous avons affaire, c’est à un chef-d’œuvre-surprise du cinéma de combat radicalement jouissif.
Souffrant fort bien la comparaison avec les plus éperonnantes fictions anarcho-utopistes des années-barricades (La Salamandre, La Fianceé du pirate, Bof et Themroc, les Mocky écrits par Alain Moury…) dont il retrouve le punch dialectique jubilatoire et le jusqu’auboutisme pyromanesque ouvrant sur tous les possibles, le documentaire-manifeste Volem rien foutre al païs s’avère être, de par son existence même, une terrible catastrophe pour le monde du travail décerveleur.
A nous de le montrer partout sans vergogne ! A nous, mis à feu par lui, de tout-tout-tout faire péter pour tout-tout-tout réimaginer !
26 février 2007
Ca y est, je suis Ââârtiste (sic...)
Il y a en ce moment au Musée de l'Elysée de Lausanne une expo que je ne suis pas encore allé voir mais ça ne saurait tarder.
L'heure est aux amateurs. Ces derniers concurrencent parfois les professionnels sur leur propre terrain. Mais nul ne sait où nous conduira cette mutation. Le Musée de l’Elysée dédie une exposition à ce phénomène photographique qui bouleverse les vieilles habitudes du médium...
Tous photographes se déroule jusqu'au 20 mai 2007. Et ce qui est plus que sympa, c'est qu'on peut envoyer depuis chez soi des photos qui seront projetées sur place.
Une me mes oeuvres y a eu droit
Oui, bien entendu, ça doit durer 1 seconde mais c'est fun et c'est flatteur.
Pour essayer, ça se passe ici
Le parfum d'Adam - Jean-Christophe Rufin
Juliette est une jeune militante écologiste, fragile et idéaliste.
Elle participe à une opération commando pour libérer des animaux de laboratoire. Cette action apparemment innocente va l'entraîner au cœur d'un complot sans précédent qui, au nom de la planète, prend ni plus ni moins pour cible l'espèce humaine.
L'agence de renseignements privée " Providence ", aux Etats-Unis, est chargée de l'affaire. Elle recrute deux anciens agents, Paul et Kerry, qui ont quitté les services secrets pour reprendre des études, l'un de médecine, et l'autre de psychologie.
Leur enquête va les plonger dans l'univers terrifiant de l'écologie radicale et de ceux qui la manipulent. Car la défense de l'environnement n'a pas partout le visage sympathique qu'on lui connaît chez nous.
La recherche d'un Paradis perdu, la nostalgie d'un temps où l'homme était en harmonie avec la nature peuvent conduire au fanatisme le plus meurtrier.
Ce roman est incontestablement l'événement littéraire de ce début d'année. En effet, Rufin est partout, son livre caracole en tête des ventes, le sujet est on ne peut plus d'actualité, bref, il a tapé dans le mille.
Je connaissais cet auteur de réputation (Goncourt 2001 quand même, même si ça ne veut pas dire grand chose) mais j'ignorais totalement son passé dans l'humanitaire. En amateur de thrillers et de conspirations en tous genres, je me devais de me plonger dans ce pavé. Et je ne suis pas déçu du voyage.
Ultra documenté, descriptif sans jamais être chiant, le côté "réaliste" est impressionnant et vraiment effrayant. Le côté thriller d'espionnage est très efficace même s'il n'évite pas certains clichés et passages obligés. Mais s'ils sont obligés, il faut bien y passer, non ? Les personnages sont quant à eux attachants et suffisament complexes pour qu'on espère les retrouver, si les conditions sont réunies...
Bref, c'est le bouquin idéal pour se distraire intelligement, un vrai plaisir. Un (tout) petit bémol sur le dénouement, bien trop rapide à mon goût, comme souvent dans ce genre d'ouvrage.
25 février 2007
LE festival
The Police • Tool • Widespread Panic • The White Stripes • Ben Harper & the Innocent Criminals • Wilco • The Flaming Lips • Manu Chao Radio Bemba Sound System • The String Cheese Incident • Franz Ferdinand • Bob Weir & Ratdog • Damien Rice • Ween • Gov't Mule • Ziggy Marley • The Decemberists • The Roots • Kings of Leon • Michael Franti and Spearhead • Wolfmother • Regina Spektor • The Black Keys • Galactic • DJ Shadow • Gillian Welch • Spoon • Keller Williams (WMD'S) • Sasha & John Digweed • STS9 • Old Crow Medicine Show • The Hold Steady • Lily Allen • North Mississippi Allstars • Fountains Of Wayne • Hot Tuna • Feist • Hot Chip • John Butler Trio • Ralph Stanley & the Clinch Mountain Boys • Aesop Rock • The Richard Thompson Band • Dierks Bentley • James Blood Ulmer • Xavier Rudd • Gogol Bordello • Junior Brown • Tortoise • T-Bone Burnett • Mavis Staples • Clutch • Cold War Kids • Dr. Dog • Paolo Nutini • Brazilian Girls • RX Bandits • The Nightwatchman • The Slip • Girl Talk • Railroad Earth • Martha Wainwright • Rodrigo y Gabriela • Annuals • Tea Leaf Green • Sam Roberts Band • Elvis Perkins in Dearland • Charlie Louvin • Sonya Kitchell • The Wild Magnolia Mardi Gras Indians • Mute Math • Apollo Sunshine • Uncle Earl • The National • The Little Ones • Black Angels • Ryan Shaw
Ca a une autre gueule que le programme de Paléo, non ?
Tous ces artistes joueront donc au Bonnaroo Music & Arts Festival du 14 au 17 juin prochain. Et je n'y serai pas et j'aimerais bien y être et voilà, c'est juste ma petite crise de jaja du dimanche soir.
20 février 2007
Toujours du temps à perdre
J'ai récemment découvert un site bourré de tests idiots. Du coup, ayant passablement de temps à perdre, j'ai décidé d'en faire quelques-uns et de poster les résultats sur ces pages. Alors bon, pas tous d'un coup parce qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses... oui parce qu'il faut bien le dire, ces portraits sont assez flatteurs...
Voici donc, d'après mes réponses, quel style de pizza je serais :
| Meatball Pizza |
![]() |
What's Your Pizza Personality?
Don't follow leaders, watch the parkin' meters
Je refeuilletais ce matin le petit livre que Silvain Vanot a consacré à Bob Dylan. Très bien fichu, un excellent résumé de cette irrésumable carrière. Et j'aime particulièrement l'introduction. Tellement que je me permets de le recopier ici.
C'était en rentrant du Zénith après un concert du vieux Bob. Sur la banquette d'à-côté, un jeune type lançait à la cantonnade des exclamations du style : "Et la voix ! Quelle voix ! Et l'harmonica !... Il peut tout faire ! Il est trop bon".
J'ai tout de suite pensé que ce n'était pas un fan, pas un vrai. Un vrai fan aurait commencé par dire : "Il a bien chanté ce soir !". Avant d'ajouter : "Il ne s'est même pas trompé d'harmonica". Pour conclure, il aurait tapé sur l'épaule d'un ami en lui disant doucement : "Et en plus, on a eu Love minus zero/No limit". Voilà ce qu'il aurait dit. J'en connais qui vont aux quatre coins de la France, ou de l'Europe, pour suivre le vieux Bob et qui parlent comme ça.
On nous a appris à ne pas suivre les meneurs et à regarder les parcmètres. Tout vrai fan a le souvenir d'un concert de Dylan pendant lequel il s'est dit : "J'aurais mieux fait de rester chez moi avec mes parcmètres.". Pensez à Bercy en 1987... Et pourtant on y retourne. Même à un prix prohibitif. Même dans un hangar à viande humaine. Même avec la sono de Tiberi ou Madelin... Pourquoi ?...
Parce qu'il a écrit "Desolation row", "Dirge" ou "Lovesick". Parce que, quand ça le prend, il peut jouer un solo à trois temps pendant que le groupe joue binaire et retomber sur ses pieds. Parce qu'il n'essaie pas de faire croire qu'il a trente ans. Parce que chaque soir, il change entre 50 et 75 % du répertoire. Parce que jamais on ne l'a entendu demander : "Alors Paris, comment ça va ce soir ?".
Je connais des gens très bien qui n'ont jamais vu Bob Dylan sur scène. Certains soirs comme le 30 juin 1998 ou le 3 octobre 2000, je suis triste pour eux. Vraiment.
19 février 2007
Bon Scott
9 juillet 1946 - 19 février 1980
Né à Kirriemuir en Ecosse, Bon Scott passe sa jeunesse en Australie. Débarqué dans l'île à l'âge de 6 ans, il quitte l'école à 15 ans pour se consacrer plus tard à un groupe de rock local du nom de The Spektors. En 1967, il rejoint The Valentines avec qui il enregistre un 1er single Everyday I Have To Cry.
Le groupe connaît un certain succès en Australie mais des histoires de drogue conduisent à la séparation du groupe. Pas découragé pour un sou, Bon Scott part à Sydney et intègre le combo blues rock Fraternity avec qui il enregistre 2 albums. Victime d'un accident de moto qui le laisse comateux pendant plusieurs mois, le chanteur assiste impuissant à la séparation de son groupe. Finalement, en 1974, il rejoint AC/DC avec qui il signe un 1er album High Voltage. Avec les frères Young, il propulse la formation au sommet des charts grâce à Highway To Hell (1979). Le 19 février 1980, Bon Scott est retrouvé mort après une soirée beaucoup trop arrosée.
Source de la bio : mcm.net
18 février 2007
Amis de la poésie...

Ne vous réjouissez pas trop vite, le 11 mars ne tombe pas un samedi cette année. Ca doit être une vieille affiche. Quel dommage d'avoir raté un si beau spectacle...
17 février 2007
Soyez sages, les Tanyas
Musicalement, quand on me demande de définir ce que j'aime, ce qui me fait frissonner de bonheur, je suis toujours bien embêté. Parce que sans me lancer de fleurs, je crois être un bon exemple d'éclectisme. En gros, rock & folk, ça définit assez bien, même si c'est le nom d'un magazine qui n'a plus d'intérêt depuis un bon moment. Mais tout en résumant bien, c'est un poil réducteur. Rock & folk & chanson & blues & jazz & country & etc serait plus vrai, et on pourrait même y ajouter une cuillère de rap, de métal, d'électro, bref, pas de frontières, pas de barrières, si ça me plaît, j'assume et je m'en vante, peu importe la famille musicale.
Mais il est vrai que si je devais ne garder qu'une musique pour m'accompagner jusqu'au bout, une guitare sèche et quelques notes d'harmonica me suffiraient. D'ailleurs, c'est en général suffisant pour m'accrocher. Après, bien sûr, faut que les compos suivent mais si vous voulez attirer mon attention, rien de mieux.
Bref, toute cette introduction pour dire que quand je suis tombé sur The Be Good Tanyas, un groupe de country-folk composé de 3 filles plutôt agréables à regarder et qu'en plus, ce trio est originaire de Vancouver qui est une ville chère à mon coeur, ça n'a pas fait long avant que j'achète leur dernier album, Hello love. Depuis deux jours, la galette ne quitte plus mon lecteur.
Voilà, pas de chronique détaillée, pas de longues diatribes pour pousser mes deux lecteurs et demi à acquérir ce petit bijou, juste ces quelques lignes pour partager un joli coup de coeur.
16 février 2007
2008 Vallée - Mathilde Monnier & Philippe Katerine
Un sol tout jaune. Sept micros sans fil sur des pieds noirs : un sur le devant, cinq alignés en retrait sur la droite, un tout au fond. Trois filles et deux gars de noir vêtus s’acheminent mécaniquement vers les cinq alignés.
- Qui est cet être humain là, à côté de moi ? Qui chante exactement les mêmes mots que moi ?…
A capella. A moitié juste. Sont-ce des robots ? Inexpressifs leurs gestes saccadés et leur regard figé. Et puis un monsieur en chaussettes, tout en noir aussi, même les chaussettes, arrive du fond au micro du devant et, strident comme une sirène d’alarme :
- J’adoooooore regarder danser les gens !
Une musique forte et rythmée un peu comme dans les discothèques ringardes, l’encourage...
- J’adooooooore, j’adooooore…
Sur tous les tons, dans les aigus, dans les graves, avec des gestes, avec des mimiques, les cheveux en l’air…
- Et de temps en temps… je coupe le son… je remets le son… et je coupe le son… et je remets le son…. J’adoooooore…
Cela dure assez longtemps, et puis un des deux mecs parmi les cinq alignés se jette sur lui, le fait tomber par terre, se roule avec sur le sol, c’est la bagarre…
Les autres ne voient rien. Ils s’emparent de leurs micros et les déplacent à d’autres endroits. Ils entament d’autres textes, bougent leurs corps, prennent vie, se choquent, s’entrechoquent. Ils enlèvent leurs uniformes noirs. D’abord le haut. Les filles ont de très beaux seins.
- Excuse-moi j’ai éjaculé dans tes cheveux à un moment inadéquat…, vient nous confier l’autre gars, pas celui qui se bagarrait.
- Alors excuse moi, alors excuse moi…
- Qu’est-ce qu’il a dit ? J’ai pas compris c’qu’il a dit ? rétorque l’échevelé torse-nu accroupi au sol.
Et patati et patata, les filles enlèvent le bas et enfilent slips et sous-pull rose. Ils deviennent tous en sous-pull rose ! Et en slip.
Danse et chant s’entremêlent, les sept protagonistes allant de l’un à l’autre en parfaite indifférence les uns pour les autres.
- Répétez après moi… (voix suraiguë)
- Après moi ! (les autres)
- Non ! Répétez après-moi : on n’a rien compris au film (voix suraiguë)
- On n’a rien compris au film (les autres)
- Répétez après-moi : c’est fou comme on s’la pète (voix suraiguë)
- C’est fou comme on s’la pète (les autres)
- Répétez après-moi : on s’prend pas pour de la merde (voix suraiguë)
- On s’prend pas pour de la merde (les autres)
Et alors ? Alors, le sol se soulèvera lentement pour engloutir inexorablement sept êtres humains en slip et sous-pull rose dans une sorte de monstrueuse vague bruyante et caoutchoutée. Punition ? Prémonition ? Résurrection ?
Roland Caduf - Jobwebzine.com, mars 2006
Je suis donc allé au BFM de Genève hier soir voir mon premier spectacle de danse contemporaine. La salle était pleine à craquer, Philippe Katerine est bel et bien l'artiste hype de ces derniers mois.
Le spectacle, d'une durée d'une heure environ, est très jouissif si l'on apprécie les chansons et l'univers du susnommé. Maintenant, n'y connaissant que pouik en chorégraphie, je n'émettrai pas de jugement sur cet aspect. Par moment, on a l'impression d'un gros bordel où chacun fait ce qu'il veut, ce qui est certainement une impression de néophyte, tout doit être au milimètre ou presque. Ces moments sont d'ailleurs les moins intéressants du point de vue visuel, à mon goût.
Et moi qui suis donc une brêle en matière de danse et qui ne m'y intéresse absolument pas, j'ai été très étonné et ravi d'être par moment scotché par la beauté du truc, la parfaite osmose entre les mouvements des danseurs, les textes et la musique. Quant on ne s'y attend pas, c'est une sensation vraiment bluffante.
Alors c'est certain que je n'irai pas jusqu'à dire que je vais maintenant aller me farcir des spectacles de ce genre plusieurs fois par saison mais si j'ai l'occasion d'en revoir, j'y irai volontiers et sans à-prioris négatifs. Ce qui est pour moi un vrai progrès car jusqu'à maintenant, cette culture-là me passait vraiment au-dessus. Alors merci Madame Monnier, merci Monsieur Katerine ;-)









