Moi aussi j'ai une belle bannière
Ben oui, je voulais moi aussi avoir une jolie bannière pour illustrer l'en-tête de mon blogounet.
Alors j'ai tapé bannière blog sur gougleu et je suis tombé sur ce site qui offre en gracieusement. J'en ai choisi une qui fait un peu champêtre, parce que bon, j'adore Neil Young et ce champ sous un ciel bleu juste nuageux ce qu'il faut me donne envie de réécouter Harvest, Harvest Moon et Prairie Wind et je le trouve apaisant et je n'ai de toute façon pas à justifier mon choix. C'est vrai quoi, qui c'est qui décide ici ?
Voilà, quoi. C'était intéressant, hein ?
La complainte du paysan français - Jean-Louis Murat
La preuve, si besoin était, que JLM n'est pas qu'un artiste maudit torturé parano et grande gueule. Il sait aussi être souriant, sympa et drôle.
Cette chanson, je l'ai entendu l'interpréter en 2000 lors d'un concert près de Lausanne. D'après ce que j'en sais, elle n'est pas ressortie des tiroirs depuis cette tournée, que ce soit sur disque ou sur scène.
La complainte du paysan français - live
envoyé par henryspencer
Michel Bühler à Paris
Parisiennes et parisiens, gens de la banlieue, des alentours et de plus loin, si vous êtes amateurs de chanson francophone de qualité, de textes rageurs et engagés, de balades douces et nostalgiques, de drôlerie et de poésie, de colère et de tendresse, bref si vous aimez les chanteurs qui font du bien au coeur et à la tête, ne manquez pas d'aller applaudir mon compatriote Michel Bühler le 4 avril prochain à l'Européen.
Si vous ne le connaissez pas, je vous assure que vous me remercierez en sortant et si vous le connaissez, vous avez évidemment déjà vos billets en poche.
Plus de renseignements sur le site officiel et fait maison de Michel.
J'ai encore le rhume
Et ça m'énerve !!!
En fait, depuis que j'ai arrêté de fumer (1 mois et 3 jours maintenant, pfiou...), j'ai eu la toux pendant une semaine, 3 jours corrects et ensuite des rhumes les uns derrière les autres.
On m'avait pourtant dit que j'aurai une meilleure santé si je toraillais plus. Bande de menteurs ! C'est pire qu'avant !
Du coup, moi qui pensait consacrer ma soirée au visionnage d'un film turc très beau mais pas très fun et à la lecture, bref à des activités culturellement correctes, je vais de ce pas me brancher sur Canal pour regarder une bonne grosse comédie française bien basse du front et il se peut même que je boive une bière devant. Non, je n'irai pas jusqu'au pop corn car je sais qu'il y a des limites à ne pas dépasser mais faut pas me provoquer.
Tiens, si un mec lance une pétition contre les nez qui coulent et qui font mal à force de se moucher, moi qui ne signe presque jamais rien, je n'hésite pas, j'y appose mon blaze et je l'aide même à récolter ses signatures. On va pas se laisser faire, oh !
Les meilleurs films québecois
La Presse a questionné 50 personnalités du milieu du cinéma au Québec. Aussi bien des comédiens et réalisateurs que des travailleurs de l'ombre, et leur a demandé la liste de leurs dix films québecois préférés.
Bien entendu, comme avec tous les classements, il y a des incohérences, des oublis, des injustices et des oeuvres surévaluées. Mais personnellement, ce top 50 me réjouit car il me permet d'avoir une espèce d'aide-mémoire des films québécois à découvrir en priorité. Maintenant le plus difficile sera de trouver les DVD...
La petite étoile à côté d'un titre signifie que celui-ci est dans ma collection.
Voici donc la liste commentées des 50 meilleurs films :
1. Mon oncle Antoine * (Claude Jutra)
La campagne québécoise profonde des années 40. Dans un petit village minier, la veille de Noël, tandis que le propriétaire anglophone de la mine distribue des candies aux enfants, la mort frappe une maison de pauvres. Tiré d'un scénario de Clément Perron qui se souvenait de son enfance passée à Thetford Mines, ce film d'apprentissage décrit le passage de l'adolescence à l'âge adulte de Benoît (Jacques Gagnon). Sous l'influence de son oncle Antoine (Jean Duceppe), croque-mort et alcoolique, propriétaire du magasin général, et de l'homme engagé (Jutra lui-même), il découvre la vie, les femmes et la mort.
2. Les bons débarras (Francis Mankiewicz)
D'abord, il y a cette langue composée de mots crus, durs, tranchants, magnifiques. Qui prennent d'autant plus d'éclat qu'ils sortent de la bouche d'une fillette vouant un amour si absolu à sa mère qu'elle s'arrange pour éliminer tout autour ce qui pourrait nuire à cette relation qu'elle voudrait exclusive. La rencontre de la poésie de Réjean Ducharme avec la grande sensibilité artistique du cinéaste Francis Mankiewicz, disparu beaucoup trop tôt, a donné au Québec ce chef-d'oeuvre attendu et espéré.
3. Les ordres (Michel Brault)
Quatre ans après la crise d'Octobre, Michel Brault raconte l'arrestation de cinq victimes de la loi des mesures de guerre. Sobre, d'une facture imitant le documentaire, le film dénonçait sans pathos. Entouré d'Hélène Loiselle, Louise Forestier, Claude Gauthier et Guy Provost, Jean Lapointe y faisait montre de ses immenses talents de tragédien.
4. Léolo * (Jean-Claude Lauzon)
Obsédé par la folie qui s'est emparée de toute sa famille à l'exception de sa mère (Ginette Reno), le jeune Léolo, 12 ans (Maxime Collin inoubliable dans ce rôle), croit trouver son salut dans le rêve. Il rêve qu'il est d'origine italienne et il se croit amoureux de la belle Bianca, sa voisine. Mais sa reconnaissance, il la trouvera auprès d'un «dompteur de vers» (Pierre Bourgault), le seul à discerner chez lui une aptitude pour l'écriture.
5. Le déclin de l'Empire américain * (Denys Arcand)
Un groupe d'intellectuels, quatre gars, quatre filles, profs d'université pour la plupart, se retrouvent autour d'un coulibiac dans un chalet des Cantons-de-l'Est pour discuter de cul et régler le sort du monde. Il y a 17 ans, ce film de Denys Arcand avait fait tout un tabac : 2,2 millions de box-office au Québec et 400 000 entrées en France seulement, en plus de rafler le Prix de la critique à Cannes.
6. Pour la suite du monde (Pierre Perreault/Brault)
Deux raisons ont attiré les cinéastes à l'Île-aux-Coudres : la langue et la pêche aux marsouins (bélugas). Mais au travers du langage et des gestes quotidiens de la pêche s'est révélé tout un esprit mythique où figurent les mystères de la lune, le culte des ancêtres, la puissance des marées, la conception sacrale de la tradition, un sentiment d'identification au règne animal.
7. C.R.A.Z.Y. * (Jean-Marc Vallée)
Dans un Québec en pleine Révolution tranquille, entre une mère très croyante et un père aimant mais traditionnel, Zachary, quatrième des cinq fils Beaulieu, cherche à se faire accepter malgré cette sensibilité qui le rend si différent de ses frères.
8. Un zoo la nuit (Jean-Claude Lauzon)
Du climat de violence exacerbée du début jusqu'aux notes déchirantes du Voir un ami pleurer de Brel sur le générique de fin, Jean-Claude Lauzon aura, dès son premier long métrage, imposé un style unique, novateur. En suivant son héros Marcel (Gilles Maheu) qui, après deux ans de réclusion, affronte la faune urbaine auprès de laquelle il doit trouver de nouveaux repères, le réalisateur de Léolo, lui aussi disparu beaucoup trop tôt, fait un détour bouleversant du côté des relations père-fils.
9. Jésus de Montréal * (Denys Arcand)
Tourné trois ans après le succès international du Déclin, Jésus de Montréal propose une réflexion mordante sur la notion d'intégrité.
10. Les Invasions barbares * (Denys Arcand)
Les Invasions barbares demeure un film extraordinairement émouvant. Non seulement par son propos, mais aussi par cette manière habile avec laquelle le réalisateur du Déclin apostrophe la réalité sociale contemporaine. L'histoire retiendra bien sûr les prestations inspirées de Rémy Girard, Stéphane Rousseau et de Marie-Josée Croze mais aussi les qualités d'auteur d'un cinéaste d'exception.
11. Gaz Bar Blues * (Louis Bélanger)
Malgré une santé chancelante, le gérant d'une station service d'un quartier populaire tente de faire face aux vicissitudes de la vie, tout en essayant, en père attentif, de comprendre ses fils, épris de liberté.
12. L'eau chaude l'eau frette (André Forcier)
L’eau chaude, l'eau frette est une poésie de la cruauté, une célébration de l'anarchie ou amis et ennemis se trouvent attablés dans un bar de Saint-Denis en l'honneur du quarante-troizième anniversaire de Polo. Chacun, profitant de cette grande réunion pour régler ses comptes et laver son linge sale en public, le film se termine sur une note mi-amère, mi-triste ou tous furent échaudés et éconduits sans ménagement, le tout dans une grande finale; promise à des lendemains qui déchantent.
13. Le chat dans le sac (Gilles Groulx)
En pleine Révolution tranquille, la phrase liminaire de Claude (Godbout), indépendantiste, héros torturé de ce film, dégageait une saveur prophétique: «Je suis Canadien français et je me cherche.» Aspirant journaliste, Claude entretient une liaison avec une jeune Juive anglophone, Barbara (Ulrich), étudiante à l'École nationale de théâtre. Lorsqu'il s'établit à Saint-Charles-sur-Richelieu, celle-ci lui reproche de fuir la réalité.
14. Au clair de la lune (Marc-André Forcier)
Bert et Franck logent dans une automobile. Un maniaque, la nuit, crève les pneus des voitures du voisinage. Les automobiles crachent des flammèches parce qu'elles roulent sur leurs jantes métalliques. Bert, ex-champion de quilles, ne pouvant plus tenir une boule à cause de l'arthrite, est devenu homme-sandwich. Franck, son nouvel ami, est albinos - c'est donc qu'il vient d'Albinie et qu'il possède des dons!
15. La vie heureuse de Leopold Z (Gilles Carle)
Ce long métrage de Gilles Carle, tiré de la réalité québécoise, raconte les mésaventures de Léo, un homme rempli de bonhomie. L'action se déroule en une seule journée, la veille de Noël, depuis le petit jour jusqu'à la messe de minuit. Une tempête de neige s'abat sur Montréal. Un préposé au déneigement, aux prises avec les obligations de son emploi et celles que lui crée sa famille, fournit l'occasion d'aventures drolatiques.
16. La vraie nature de Bernadette (Gilles Carle)
À une époque où le Québec venait à peine de «sortir du bois», comme on le disait alors, voici Bernadette, héroïne dans le vent : citadine écolo désabusée de la ville, elle se réfugie dans un rang perdu en plein Québec rural. Son retour à la terre façon hippie s'accompagnera cependant d'une terrible désillusion : non, il n'y a pas que de l'air pur à la campagne. On y trouve aussi des profiteurs, des exploiteurs et même quelques vrais salauds. Comme en ville.
17. J.A. Martin, photographe (Jean Beaudin)
Au début du siècle dernier, Joseph Albert Martin (Marcel Sabourin) gagne sa vie comme photographe ambulant. Sa voiture couverte d'une bâche et traînée par un cheval lui sert de moyen de locomotion. Sa femme, Rose-Aimée, en a marre d'être laissée toute seule à la maison. Un jour, elle s'embarque avec lui dans une tournée des villages québécois. Leur couple vacillant va tout à coup retrouver sa vigueur d'antan.
18. La grande séduction * (Jean-Francois Pouliot)
Les habitants d'un petit village portuaire ont besoin de la présence d'un médecin pour qu'une usine s'implante chez eux. Lorsqu'un jeune médecin se présente, tous les mensonges sont bons pour lui plaire et pour le convaincre de s'installer parmi eux.
19. À tout prendre (Claude Jutra)
Claude Jutra à ses débuts s'inspire fortement de la Nouvelle Vague dont il fréquente les meilleurs représentants, Truffaut et Rouch en tête. Raconté au je, À tout prendre fait figure de confession à nu, étonnamment courageuse en cette époque encore pudique. Claude (Jutra lui-même) a eu une liaison avec Johanne (Johanne Harelle qui tiendra un petit rôle dans La Dame en couleurs, son dernier film, après avoir partagé la vie du sociologue Edgar Morin).
20. Les Plouffe (Gilles Carle)
Chronique d'une famille de Québec bouleversée par la crise économique et la guerre, qui transformèrent radicalement la province dans les années 1930 et 1940.
21. La Neuvaine (Bernard Émond)
Une femme désespérée fuit sa maison de Montréal pour aboutir à Sainte-Anne-de-Beaupré. Elle veut s'enlever la vie en se jetant dans le fleuve mais un jeune homme venu prier pour sa grand-mère mourante l'en empêche. Il s'attachera à cette femme déchirée, complexe et non-croyante.
22. Histoires d’hiver (François Bouvier)
Martin Roy a-t-il 11, 12 ou 13 ans? Peu importe. L'adolescence va bientôt le rattraper malgré lui. Insouciant des questions qui agitent les grands, il collectionne les cartes de hockey avec l'ardeur d'un passionné. Rien de plus banal que sa famille. Sa mère (Diane Lavallée) s'adonne à la peinture par numéros et son père (Luc Guérin) étudie l'anglais pour mieux séduire ses patrons. Quant à l'école, elle ne présente guère de défis.
23. 32 films brefs sur Glenn Gould (François Girard)
Fiction? Documentaire? Fiction documentée? Le fait est que ce film singulier, inclassable, est trop précieux pour être écarté de ce palmarès. Pour reconstituer - et de quelle brillante façon - la vie de ce personnage atypique, célèbre pianiste torontois qui, en 1964, a décidé d'abandonner la scène en pleine gloire par «objection morale», François Girard s'est inspiré des Variations Goldberg de Bach. La structure du film repose ainsi sur 32 vignettes autonomes.
24. L’homme qui plantait des arbres (Frédérick Back)
Dans une vallée asséchée, un homme plante un à un des arbres afin de faire renaître la nature. Animation de crayons de cire sur acétate dépolie.
25. Le Confessionnal * (Robert Lepage)
Il a beau dire que le cinéma n'est pour lui qu'un simple passe-temps, Robert Lepage a réalisé, avec ce premier long métrage, un coup de maître. Film ambitieux dans lequel le sens visuel aigu du créateur est bien entendu mis au premier plan, Le Confessionnal entremêle habilement deux époques au fil d'une enquête que mènent deux frères pour résoudre une énigme ayant à jamais hanté leur vie.
26. Le temps d’une chasse (Francis Mankiewicz)
Le Temps d'une chasse est l'histoire de trois hommes et d'un enfant qui vont à la chasse pendant trois jours. Pour eux qui sont d'un milieu modeste, la chasse représente une promotion sociale, la liberté. Mais c'est surtout une épreuve de virilité dont il faut qu'ils sortent vainqueurs. Leur belle aventure, hélas! se termine par un drame.
27. Réjeanne Padovani (Denys Arcand)
À la veille de l'inauguration d'une autoroute, un entrepreneur mafieux reçoit des amis, dont le ministre de la Voirie et le maire de la ville. Par ailleurs plane l'ombre de sa femme Réjeanne.
28. Roger Toupin, épicier variété (Benoît Pilon)
Chronique du quotidien autour de la vie de Roger Toupin, propriétaire d’une épicerie de quartier devenue un club social beaucoup plus qu’un commerce et fréquentée par des gens qui appartiennent à un monde qui disparaît sans laisser beaucoup de traces.
28. Le Party * (Pierre Falardeau)
Divers incidents se produisent lors d'un spectacle auquel assistent des détenus dans un pénitencier à sécurité maximale.
30. Gina (Denys Arcand)
Les conditions de travail dans les usines de textile, la vie des danseuses envoyées par leurs gérants aux quatre coins de la province, la censure qui s'exerce contre un cinéma qui veut dire les choses telles qu'elles sont : voilà ce que Arcand connaît, voilà ce qu'il raconte dans Gina.
31. Mourir à tue-tête (Anne Claire Poirier)
Mourir à tue-tête s'attaque à un sujet que les mentalités collectives s'acharnent à considérer comme tabou : le viol de la femme, de l'individuel (le cas de Suzanne) au rituel (la clitoridectomie), en passant par celui de masse (les Vietnamiennes).
32. Les bûcherons de la Manouane (Arthur Lamothe)
Cette observation sensible de la vie des bûcherons du Haut-Saint-Maurice s'intéresse principalement aux difficultés de la tâche, à l'ennui et à l'isolement. Le cinéaste se préoccupe aussi des conditions de vie des Amérindiens côtoyés par les bûcherons.
33. Requiem pour un beau sans cœur (Robert Morin)
Les trois derniers jours de Regis Savoie, redoutable voleur et assassin en cavale, évoqués à travers les regards de huit personnes qui racontent, chacune à sa manière, les événements.
33. Pas de deux (Norman McLaren)
Ce film est une sorte de miroir magique de la danse. Margaret Mercier et Vincent Warren, deux étoiles des Grands Ballets canadiens évoluent sur un pas de deux. McLaren capte l'harmonie de leurs mouvements et la fait sienne en multipliant l'image au moyen de l'imprimerie optique.
33. Le paysagiste (Jacques Drouin)
Utilisant la technique d'animation de l'écran d'épingles d'Alexeieff, ce film d'une grande sensibilité convie le spectateur à puiser, parmi les symboles énoncés, ceux que déclenchera en lui une prise de conscience des forces du subconscient qui jouent sur la réalité de toute son existence.
36. Octobre * (Pierre Falardeau
)
Inspiré par le témoignage de Francis Simard, l'un des membres de la cellule du FLQ qui enleva Pierre Laporte, Octobre raconte, jour après jour, le plus tristement célèbre kidnapping politique de l'histoire du Québec qui se termina lorsque la police retrouva le corps de l'otage dans le coffre arrière de la voiture ayant servi à l'enlèvement.
36. La Sarrasine (Paul Tana
)
Giuseppe et Ninetta tiennent une pension de famille où ils accueillent leurs compatriotes siciliens. Un jour, Giuseppe se porte à la défense de l'un de ses pensionnaires et tue accidentellement Théo, le gendre de son meilleur ami canadien-français.
38. Les dernières fiançailles (Jean-Pierre Lefebvre)
Deux vieux très dignes. Deux amoureux très tendres, avec leurs petits gestes quotidiens, leurs souvenirs qui font sourire et qui font mal. Deux vieux amants qui s'amusent ou se réconfortent et qui s'envoleront main dans la main, comme «sur les ailes d'un ange».
39. Kamouraska (Claude Jutra)
Un roman d'Anne Hébert aux horizons vastes comme le Saint-Laurent a fourni à Claude Jutra l'occasion d'entreprendre son oeuvre la plus aboutie. Fresque à la Docteur Jivago, Kamouraska met en scène un certain Dr Nelson qui, vers 1870, s'amourache d'une jeune femme (Geneviève Bujold) élevée suivant les règles sévères de la bourgeoisie de l'époque. Devenue vieille, celle-ci se remémore cette aventure qui l'a profondément marquée.
40. Les mâles (Gilles Carle)
Une réflexion sur les rapports entre l'homme, la femme et la société, à travers le portrait de deux hommes, vivant à l'état sauvage, qui s'entredéchirent après qu'une femme se soit installée avec eux.
40. Le bonheur, c’est une chanson triste (François Delisle)
Imaginez que c’est l’été et que Montréal baigne depuis plusieurs jours dans le smog et la chaleur... Puis imaginez qu’en plein centre-ville, une femme s’approche de vous avec une petite caméra vidéo à la main. Cette personne vous demande de participer à une enquête qui tient à une seule question. Un peu méfiant, vous vous arrêtez et alors elle vous pose cette question : «Pour vous c’est quoi le bonheur?»
40. Entre la mer et l’eau douce (Michel Brault)
L'histoire que vivent mes amis devant la caméra est celle d'un jeune homme qui, parti de son lointain pays à la conquête d'un monde nouveau, la grande ville, après y avoir fait la quête de certaines amours, retourne chercher réconfort dans sa région natale. Mais tout est terminé, les liens n'existent plus. Il repart donc à la conquête du «nouveau monde», cette fois pour de bon... Mais il aura perdu Geneviève.
43. Petit Pow! Pow! Noël (Robert Morin)
La nuit de Noël. Caméra dans une main, seringue dans l'autre, un homme pénètre dans un centre hospitalier de longue durée pour faire le procès de son père et éventuellement l'exécuter. Complication : le vieillard est autiste et le personnel infirmier, dérangeant.
43. On est au coton (Denys Arcand)
Immensément controversé, ce film aux dimensions colossales a été réalisé en 1970, par Denys Arcand et un groupe de cinéastes, dans le milieu de l'industrie textile québécoise. Il tente de mettre en lumière trois thèmes principaux: le phénomène de la fermeture de ces usines, la vie quotidienne des ouvriers, en incluant les maladies qui les frappent (surdité industrielle, pneumochonyose), et enfin les grèves et les luttes menées par les ouvriers pour se sortir d'une situation aussi pénible.
43. 15 février 1839 * (Pierre Falardeau)
15 février 1839 se révèle un film poignant dans lequel certaines scènes ne sont pas près de s'effacer de nos mémoires. En relatant les dernières heures de deux Patriotes qui, au petit matin du 14 février 1839, apprennent qu'ils seront pendus le lendemain, Falardeau laboure bien entendu le terrain du film politique mais aussi celui de l'intimité, de l'émotion.
46. Un crabe dans la tête (André Turpin)
Alex a 31 ans. Son besoin excessif de plaire, combiné à sa phobie de la confrontation, fait de lui un être charmeur mais fuyant. Il subira les conséquences désastreuses de ses conquêtes, apprendra du coup à modérer ses ardeurs et à accepter le jugement d'autrui.
46. Flamenco at 5:15 (Cynthia Scott)
Dans une ancienne église réaménagée, regard sur le flamenco tel qu'enseigné à l'École Nationale de Ballet du Canada par des Espagnols, Susana et Antonio Robledo, de passage à Toronto.
48. La surditude (Yves Dion)
Témoignage lucide et réaliste de personnes atteintes de surdité aux prises avec les difficultés et les problèmes inhérents à leur condition. Amalgame des mots surdité et solitude, La Surditude se veut une réflexion sur l'univers des personnes handicapées auditives confrontées au monde des entendants
48. Jacques et novembre (J.Beaudry/F.Bouvier
)
Les derniers jours d'un homme qui filme avec humour sa mort
48. Chronique de la vie quotidienne (Jacques Leduc)
Avec ce film, Jacques Leduc prend l'envers de ses propositions initiales en allant chercher dans le quotidien, par le direct, les éléments qui, recomposés, y forment une fiction. Il renouvelle ainsi la démarche du direct traditionnel canadien.
48. L’âge de la machine (Gilles Carle)
Un voyage à Senneterre, où il faut aller chercher un prisonnier un peu spécial, est l'occasion pour un jeune policier de la métropole de prendre conscience qu'il n'est peut-être pas fait pour ce métier. Tout, même une simple machine à écrire, concourt, en cette veille de Noël 1933, à lui faire choisir une nouvelle voie.
Le Vampire de Ropraz - Jacques Chessex
Je suis encore soufflé par la lecture terminée hier soir de ce court roman de l'auteur suisse Jacques Chessex. Je connaissais cet écrivain de réputation mais c'est la première fois que je le lis. Et certainement pas la dernière.
Comme je ne suis pas doué par décrypter une oeuvre qui m'a touché, je vous laisse vous faire une idée grâce à cette critique du Nouvel Obs :
Comme tous les romanciers, Jacques Chessex est un vampire qui cherche la compagnie de ses semblables. De son bureau, il passe directement au cimetière, lequel est bordé par le bois du Paradis. C'est à Ropraz, faubourg de Payerne, dans les jardins résineux du Haut-Jorat.
L'écrivain flaubertien n'a eu aucune difficulté à faire construire, il y a trente ans, une maison avec vue sur le séjour des morts. Personne, dans ce hameau calviniste où la superstition s'ajoute à la suspicion, ne lui disputait ce terrain pentu qui jouxte un ossuaire et fut le théâtre, il y a près d'un siècle, d'une abominable profanation.
Le 19 février 1903, à Ropraz, on enterre Rosa Gilliéron, une jeune femme de 20 ans, fille du juge de paix, foudroyée par une méningite. Les villageois pleurent, les loups gémissent. Deux jours plus tard, deux bûcherons découvrent un spectacle d'horreur : la fosse de Rosa a été ouverte, son cadavre violé et atrocement mutilé. La main gauche est sectionnée et le ventre ouvert. Découpés, les seins et le sexe ont été mâchés et recrachés. Le coeur, lui, a disparu. La neige rend plus sanglante encore la boucherie.
Du jour au lendemain, le hameau de Ropraz fait la une des journaux du monde entier et son vampire est élevé à la hauteur du comte Dracula. Dans le canton, la panique et l'effroi montent d'un cran lorsque le dément s'attaque, les mois suivants, à deux autres jolies mortes, Nadine Jordan à Carrouge et Justine Beaupierre à Ferlens. La première est scalpée, la seconde égorgée. Là encore, les seins et le sexe ont été en partie mangés.
Très vite, le coupable est trouvé. Il s'agit de Charles-Augustin Favez, un garçon de ferme de 21 ans, doté d'un énorme pénis et de dents anormalement longues, alcoolique et zoophile, surpris en train de copuler avec les vaches et les génisses. Né dans un milieu défavorisé, il avait été confié, à 3 ans, à un couple qui abusa de lui et le tortura. Profil parfait de la victime devenue bourreau. Jugé le 21 décembre 1903 au tribunal d'Oron, il est condamné à la réclusion à vie mais s'échappe en février 1915. Tout porte à croire qu'il a gagné la France. Le romancier Chessex prétend qu'il se serait alors engagé dans la Légion étrangère, aurait rejoint le régiment de Blaise Cendrars et été tué dans l'autre boucherie, celle de la Grande Guerre. Qui dit que le vampire de Ropraz, ce soldat inconnu, ne repose pas aujourd'hui sous l'arc de Triomphe ?
D'un fait divers authentique et parfois insoutenable, l'auteur de « l'Ogre » a tiré un livre bref, osseux, aussi coupant qu'un couteau d'équarrisseur, aussi pur qu'un diamant de miroitier. Au-delà du cas Favez, dont la taphophilie dépasse de loin la simple pathologie, Chessex excelle une fois encore à décrire son pays opaque et noir, à entrer dans les fermes où l'on fornique et se pend beaucoup, à ouvrir les plaies cantonales de l'alcoolisme et de l'inceste, à lever des secrets honteux, à répandre les traces obscures de «la crasse primitive». Favez le fascine, le Haut-Jorat l'inspire, âmes sensibles, passez votre chemin. Les autres tiennent entre leurs mains tremblantes un grand petit livre.
CharlElie aux Docks - 7 février 2007
Hier soir, je suis allé aux Docks de Lausanne voir et écouter CharlElie Couture. Le concert, prévu à l'origine pour novembre, avait été reporté pour des raisons foireuses.
Bref, d'un samedi de novembre, on passe à un mercredi de février, concert à 21h30 avec première partie, la journée d'aujourd'hui fût pénible et la consommation de café élevée. Mais on s'éloigne.
La salle, en déficit après à peine un an d'existence (sic), est plutôt sympathique, toute petite, bien équipée, on peut se garer facilement à proximité, c'est facile à trouver même pour ceux qui ne connaissent pas le coin, bref ça commençait plutôt pas mal.
Je ne vais pas m'éterniser sur le garçon qui a assuré la première partie, je n'aime pas être méchant. J'ai juste eu l'impression d'une demi-heure de vide musical enrobé de prétention soulignée par des textes poético-ado-cuculo-mystico-écolos, bref à mon goût ce que la "nouvelle scène francophone" a de pire à offrir. Maintenant, il en faut pour tous les goûts et au vu des réactions, je dois juste être hors du coup.
Bref, après l'effort, le réconfort.
Le son CharlElie en 2007, c'est rock, c'est puissant, c'est généreux, les nouveaux morceaux sonnent aussi bien que les classiques, 2 heures de bonheur sans quasiment une baisse de rythme.
Un petit bémol sur le choix des morceaux cependant. Evidemment, Comme un avion sans ailes ou L'histoire du loup dans la bergerie sont des standards, des passages obligés, des retrouvailles indispensables et je suis à chaque fois heureux de les réentendre.
Par contre, quand il s'agit de sortir d'autres titres plus anciens, j'aurais apprécié un poil d'originalité. Parce que Le fauteuil en cuir ou Evolution Révolution, on les a déjà entendus sur les dernières tournées et avec quelque chose comme bientôt 30 ans de carrière, il y a largement de quoi renouveller le répertoire.
C'est vrai, pourquoi ne pas remplacer Jacobi par La route ou ressortir Media Panic, Underground PM, Après la fête ou La suprême dimension plutôt que de rejouer La balade du mois d'août, Oublier ou Aime-moi encore au moins, même si j'adore tous ces titres.
Maintenant, le père CharlElie connaît son job et loin de moi l'idée de vouloir lui donner des leçons ou des conseils, c'est juste un petit regret perso. Ah, et le son de gratte d'Alice Botté m'a manqué aussi, même si tout le groupe assurait bien.
J'espère que les festivals d'été donneront la place qu'il mérite à cet immense bonhomme.
Quelques liens :
newyorcoeur.com
tous en live/charlelie
et le magnifique charlelie.com
Ode à l'attentat pâtissier
Noël Godin écrivait en 1981 ce brûlot qui reste aujourd'hui encore d'une force et d'une subversion rare. Délectons-nous donc...
Il paraît que, c'est sûr, le ridicule tue.
Tuons donc sans pitié, du premier au dernier,
Les emmerdeurs fliqueux, les gagneurs de deniers,
les intellos foireux aux théories obtues.
Tuons sans plus tarder les sales moucherons
Qui voudraient de l'ennui être les chaperons.
Tuons les empêcheurs de rigoler en rond,
En carré, en ovale, en ce qu'il vous plaira.
Tuons tous ces salauds, ces castrateurs, ces rats,
Tuons dès à présent tous ces vils scélérats.
Tuons les cons, les flics, les collecteurs d'impôts,
Les juges, les bourreaux, les suiveurs de troupeaux,
De tous ces cancrelats trouons vite la peau.
Tuons également des patrons les suppôts
Qui se font, pour trahir, délégués syndicaux.
Tuons les militants, des fachos aux cocos,
Qui prônent pauvrement de pauvres idéaux
Et freinent nos désirs qui montent vite et haut.
Envoyons en passant la calotte au poteau:
Curés, rabbins, pasteurs, tuons ces zigotos
Ainsi que leurs alliés soi-disant marginaux
Dont la stupide foi d'esclaves paranos
Insulte nos raisons de seigneurs surpuissants,
Nous qui sommes tous dieux dans notre propre sang.
Tuons évidemment les gardiens de prisons,
Tous les politiciens, tous ceux dont l'horizon
Est de borner le nôtre à de strictes limites
Qui donnent à bouffer la liberté aux mites.
N'épargnons point, non plus, messieurs les militaires;
Immolons ces guignols et faisons-les se taire.
N'oublions pas, mourdious! de tuer les psychiatres
Qui de nos subconscients se déclarent les pâtres.
Tuons tous ceux qui croient qu'un bulletin dans une urne
Changera le merdier qui nous casse les burnes.
Tuons qui se complaît, pourvu que l'on surnage,
Dans un monde vaseux qu'en vain l'on aménage
Tuons ce qui concourt par de pâles réformes
A garder nos vécus vassaux des vieilles formes.
***
Il faut, pour réussir, donner à not' révolt'
Une force d'impact de cent milliards de volts.
Libérons nos passions! Soyons paroxystiques!
Exigeons des plaisirs hautement frénétiques!
Détruisons et brûlons tout ce qui nous empêche,
De quelconque façon, d'avoir toujours la pêche!
***
Le travail est un mal, cultivons la paresse
Au lieu de travailler, couvrons-nous de caresses!
A bas le dévouement, le goût du sacrifice,
A bas la modestie sur laquelle je pisse!
Rions, baisons, vivons, et à bas l'ascétisme
Qui mène tant de gens tout droit au crétinisme!
Mort aux institutions! Redevenons sauvages!
De tous les pisse-froid décidons le carnage!
Apprenons aux enfants à brûler leurs écoles,
A copuler entre eux, à boire de l'alcool!
Allons d'un pas coquin faire mille conquêtes
Chez les vieux occupants des maisons de retraite:
Avec eux nous ferons de folles bacchanales,
Mettant la joie au coeur, ainsi qu'au trou de balle,
De ces aïeux chenus qui si près de la tombe
Rigoleront enfin tout en faisant la bombe.
Pour combattre l'ennui soyons des flibustiers:
A son abolition donnons-nous tout entier!
Avec acharnement, ruons dans les brancards:
La guerre est déclarée contre tous les tocards!
Mais n'acceptons jamais de marcher au martyre:
Zut à tous les héros qui rêvent de souffrir!
N'omettons point, crénom! de jeter bas les grilles
Qui depuis deux mille ans constituent la famille,
Non plus que les ghettos de rigueur carcérale
Que sont les prétendues communautés tribales!
Proclamons qu'à tout coup la femme devient moche
Quand elle est transformée en pondeuse de mioches!
Il arrive parfois que lors de quelque crime
De son propre bourreau complice est la victime;
N'ayons donc en ces cas nulle pitié pour elle,
Qui n'est à ses dépens qu'une bête cruelle.
Nous n'avons pas en nous les élans masochistes
Des libéraux tarés et des sots humanistes:
Soyons intolérants! Vive le terrorisme!
Nous irons jusqu'au bout de ce jusqu'au-boutisme,
Balayant devant nous ceux qui n'ont d'autre envie
Que de s'enquiquiner en disant: "C'est la vie!"
Nous voulons que la vie, justement, soit la fête,
Et pour y parvenir nous ferons place nette,
Nous sommes impatients, il est urgent de vaincre:
Nous n'avons pour l'instant pas le temps de convaincre.
Haro sur l'ennemi! Sautons-lui sur le râble!
Pas de juste milieu! Soyons déraisonnables!
***
Je crains que sur ce ton je ne m'égare (de l'Est),
Oubliant de lâcher, si je n'y prends garde, du lest.
Il me semble évident, pour abattre la bête,
Qu'il faut soigneusement la viser à la tête.
Il est donc décisif que les prioritaires,
Parmi tous les gredins qu'il faut jeter à terre,
Soient ceux qui voudraient bien penser à notre place.
De les tuer d'abord, ceux-là, ayons l'audace
En leur flanquant des coups plus forts que ceux d'Hercule,
Des coups sans rémission: des coups de ridicule.
***
A moi Pieds Nickelés, Abott et Costello,
Et Laurel et Hardy, mes amis, mes poteaux!
Placée entre vos mains toute tarte à la crême
Se mue magiquement eu une arme suprême.
Rondid'jiu! gloire à vous et gloire à Mack Sennett!
Vous avez inventé, je l'affirme tout net,
L'attentat culturel le plus croquignolet,
Le plus tord-boyautant, le plus ollé-ollé,
L'attentat le plus gai auquel on s'est hissé:
C'est à vous que l'on doit l'attentat pâtissier,
Cet attentat farceur, cet attentat de rêve,
Cet attentat dont nul, jamais, ne se relève.
N'importe quel crétin, lorsqu'il est entarté,
Est comme mort, occis, à jamais écarté;
Il est atteint, de fait, au point le plus sensible,
A savoir son honneur, qui a servi de cible.
***
J'ai pour ma part, ma foi, voici quelques années,
Entrepris vaillament une ferme croisade
D'attentats pâtissiers teintés de rigolade.
Ceux qui furent visés reçurent sur le nez,
En public, brusquement, une tarte à la crême
Que j'ai tenu, bien sûr, à leur lancer moi-même.
Aucun ne s'en remit: on chercherait en vain,
Parmi ces entartés qui sont dix-huit ou vingt,
Lequel a survécu à son entartement:
Tous sont morts désormais, définitivement,
Etouffés et broyés par tant de ridicule,
Mieux enterrés sous lui que sous un monticule.
J'ai entarté d'abord Marguerite Duras,
Dont les livres m'ennuient et les films m'agacent;
Elle est vouée, depuis, pis qu'à l'anonymat,
Momifiée par les pieux Cahiers du Cinéma.
J'ai frappé peu après, pour me faire la main,
Un prénommé Henri dont le nom est Guillemin:
Ce radoteur savant, dans ses livres d'Histoire,
Prenait trop, pour mon goût, ses lecteurs pour des poires:
Depuis lors la télé ne le montre plus guère,
C'est oublié qu'il gît ou que, spectral, il erre.
Agissant une nuit au nom de Terpsichore,
D'un chorégraphe odieux le bec j'ai voulu clore.
C'était ce Stalinien de Maurice Béjart,
Aux entrechats balourds autant que ceux d'un jars:
Qui se soucie (ou là) que Béjart vive encor
Ou que les asticots aient boulotté son corps?
Autre exemple au hasard, sachez que j'ai bien ri
En entartant le groin de Marco Ferreri.
C'était sous le soleil, au festival de Cannes,
Et mon courroux grondait, ouvrant toutes ses vannes,
Contre le cinéaste ayant fait à l'esbrouffe
Un certain bruit bidon avec sa Grande Bouffe:
Ferreri illico, malgré sa vaste panse,
Sous l'outrage crémeux retomba en enfance.
Il ne balbutie plus, conspué des badauds,
Que ces séniles mots: "Pipi-caca-dodo..."
Si vous les aviez vus, ces pantins culturels,
Ces Duras étriquées, ces Guillemin solennels,
Ces Béjart chichiteux, ces Ferreri ventrus,
Plus grotesques encor que nul ne l'aurait cru,
Si vous les aviez vus dégoulinants de crème,
La pâte du gâteau souillant leurs faces blêmes,
Si vous les aviez vus demeurer, ahuris,
Bras ballants face à moi, oh! que vous auriez ri!
Sachez-le, sacrebleu! c'est bien de ridicule
Que sous mes coups tarteux sont mortes ces crapules.
***
Mais il ne faudrait point, car se serait dommage,
Dormir sur ces lauriers: aussi, ferais-je un gage.
Je vais non seulement repartir en croisade,
Frappant ici et là au gré de mes balades,
Provoquant la terreur très pâtissièrement
En lançant mes gâteaux imperturbablement,
Mais je vais de surcroît multiplier mes cibles
Et m'en prendre à tous ceux que j'estime nuisibles.
En toute heure, en tout lieu, je surgirai de l'ombre,
Et jetterai, vengeur, des tartes en grand nombre.
Je frapperai partout, nul ne m'échappera.
Je serai sans pitié: on verra c'qu'on verra!
***
Si ça ne suffit pas, ma patience a des bornes:
Je prendrai aussitôt le taureau par les cornes,
Et d'onctueux étrons seront bien plus utiles
Que de la Chantilly sur mes chers projectiles.
***
Mais si malgré cela quelques crétins s'avèrent
De mériter encor châtiment plus sévère,
Ma fureur désormais n'aura plus de limite:
J'emploierai des gâteaux truffés de dynamite!
Et pour le plaisir des yeux et des oreilles, le commentaire de Pierre Desproges sur un des entartages de Bernard-Henri Lévy
et les commentaires de Noël Godin suite à l'entartage de Bill Gates



