06 mai 2007

Réfléchissez bien

Je sais amis français, ce blog qui dormait depuis plusieurs semaines, se réveille et commence à ressembler à un site de propagande contre votre futur président mais j'habite pas loin, ma femme et mon fils ont le passeport frenchy et si ça se trouve, on sautera la frontière un de ces jours, je me sens donc très concerné et quand je lis ce genre d'histoire (trouvé sur le site du Monde), ça me fait frémir :

Leur père est choqué. Deux frères de 8 et 11 ans pourraient se voir prélever leur ADN, par la gendarmerie, pour avoir volé deux tamagotschi et deux balles rebondissantes dans un hypermarché du Nord, raconte Le Parisien, samedi 5 mai 2007. Les échantillons seraient conservés dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

Des gendarmes se sont rendus cette semaine au domicile familial. "Ils venaient nous apporter une convocation pour vol dans la mesure où le magasin a porté plainte, explique le père au Parisien. Ils ont expliqué à mon fils aîné qu'il serait photographié, qu'on lui prendrait ses empreintes digitales et aussi ses empreintes génétiques, ajoutant même que mon fils ne pourra pas forcément faire le métier qu'il veut plus tard car il sera fiché !"

Comme beaucoup de Français, le père pensait que le fichage génétique était réservé aux délinquant sexuels, et aux adultes. Pour surprenant que cela puisse paraître, il n'en n'est rien, précise Le Parisien. La loi ne prévoit ainsi pas d'âge minimum, rappelle le quotidien.

Depuis la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure de 2003, une centaine de délits obligent à se soumettre au prélèvement génétique. Limitée, à l'origine, aux infractions sexuelles, la législation concerne aujourd'hui les meurtres et les cambriolages, les vols simples, les tags ou les dégradations. Il concerne désormais les personnes condamnées mais aussi les simples suspects.

Depuis l'entrée en vigueur de ces dispositions, le Fnaeg explose. De 2003 à 2006, le nombre de profils enregistrés est passé de 2 807 à plus de 330 000. Bien que ce système ait permis d'élucider plus de 5 000 affaires, ceux qui s'opposent aux prélèvements dénoncent l'instauration d'un "répertoire de masse". Les refus de prélèvements génétiques pour des petits délits se multiplient, entraînant des procès.

Le père des auteurs du larcin s'opposera au fichage génétique de ses enfants, le cas échéant, malgré les lourdes sanctions prévues pour les contrevenants : jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.

"Ce n'est pas du bétail que l'on doit marquer au fer, plaide-t-il dans Le Parisien. Les parents des deux chapardeurs les ont punis et sermonnés et se réjouissaient initialement du passage des gendarmes et de ses vertus pédagogiques.

"Cette situation met en lumière les dérives possibles de l'utilisation abusive du fichage génétique", réagit Josiane Bigot, magistrat et président du Réseau pour l'accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes, dans Le Parisien.

Le père et les deux fils étaient convoqués samedi après-midi à la gendermerie pour "audition des enfants".

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02 mai 2007

Comment va la vie en France ?

Le magazine Témoignage Chrétien (pas du tout ma came mais bon...) publie dans son dernier numéro un dossier "Les 51 bonnes raisons de ne pas voter Sarkozy".

Des personnalités de tous horizons expliquent pourquoi ils ne donneront pas leur voix à ce type.

Parmi ces témoignages, l'un m'a  presque tiré des larmes. J'avais comme tout le monde entendu parler de ces affaires mais la façon dont en parle la psychothérapeute Livia Javor est d'une grande force :

Le 4 avril, j'ai pris l'avion pour Budapest afin d'y célébrer en famille les 93 ans de mon père.

Mon père est très étonné d'être encore de ce monde, il s'attendait toujours à mourir jeune, comme ses deux parents : à l'âge de 10 ans il avait perdu son père, à 12 sa mère. Troisième enfant d'une fratrie de cinq, quatre garçons et une fille, il a vu son plus jeune frère et sa petite soeur intégrer l'orphelinat tandis que lui, déjà assez grand pour travailler, a dû arrêter l'école et gagner sa vie en tant qu'apprenti. Autodidacte, il est devenu un homme cultivé.

Lorsque petite fille, je lui avais demandé de quoi étaient morts mes grands parents, il m'avait répondu : "De misère, de pauvreté."

La veille de mon départ, donc, le 3 avril au soir, je regarde les informations sur France 2 et j'apprends que ce jour-là, à l'heure du repas de midi, une directrice d'école primaire a fait aligner, le long de la barrière de la cour de récré, la vingtaine de petits garçons et de petites filles dont les parents n'avaient pas réglé le prix de la cantine. Elle leur a fait distribuer de l'eau et du pain sec. Je regarde, j'écoute et je commence à faire ma valise.

Mes larmes ne se sont mises à couler que le lendemain lorsque, en réponse à la question de mon père "Alors, comment va la vie en France ?", je lui ai raconté cette histoire. Je lui ai également raconté celle d'une autre directrice d'école, celle qui avait le courage de chasser les flics de Sarko venus arrêter un grand-père dont les papiers n'étaient pas en règle, devant la porte de l'établissement où il était venu chercher sa petite fille.

Sàrközy, en hongrois, veut dire "de l'île boueuse". Il porte hélas bien son nom.

Avec la peur au ventre et l'espoir au fond du coeur.

Posté par Trelk à 20:20 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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