17 août 2007

Du grand Desproges

Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires.

La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale.

L'amour... il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. A partir de quoi il m'apparaît urgent de me taire.

L'intelligence, c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase.

L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur.

Etonnant, non ?

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17 juillet 2007

Groucho Marx et Marlene Dietrich

Alors qu'il se trouvait dans un ascenceur, Groucho Marx voit entrer la sophistiquée Marlene Dietrich. Alors au faîte de sa gloire, elle portait des chapeaux tous plus excentriques les uns que les autres et surtout un air dédaigneux à l'encontre de tous ses contemporains, quels qu'ils soient.

Pour tenter de briser la glace, Groucho Marx dit à Dietrich : - Madame, je vous trouve très jolie.

L'ange bleu répond : - Merci. Malheureusement, je ne peux vous retourner le compliment.

Et Groucho d'asséner : - Faites comme moi : mentez !

Piqué sur ce site formidable

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29 avril 2007

Tout devient possible, c'est bien ça le problème

Amis français, méditez cette phrase avant de glisser votre bulletin dans l'urne dimanche prochain : 

Une société prête à sacrifier un peu de sa liberté pour assurer sa sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finira par perdre les deux. (Benjamin Franklin)

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05 février 2007

Ode à l'attentat pâtissier

Noël Godin écrivait en 1981 ce brûlot qui reste aujourd'hui encore d'une force et d'une subversion rare. Délectons-nous donc...

Il paraît que, c'est sûr, le ridicule tue.
Tuons donc sans pitié, du premier au dernier,
Les emmerdeurs fliqueux, les gagneurs de deniers,
les intellos foireux aux théories obtues.
Tuons sans plus tarder les sales moucherons
Qui voudraient de l'ennui être les chaperons.
Tuons les empêcheurs de rigoler en rond,
En carré, en ovale, en ce qu'il vous plaira.
Tuons tous ces salauds, ces castrateurs, ces rats,
Tuons dès à présent tous ces vils scélérats.
Tuons les cons, les flics, les collecteurs d'impôts,
Les juges, les bourreaux, les suiveurs de troupeaux,
De tous ces cancrelats trouons vite la peau.
Tuons également des patrons les suppôts
Qui se font, pour trahir, délégués syndicaux.
Tuons les militants, des fachos aux cocos,
Qui prônent pauvrement de pauvres idéaux
Et freinent nos désirs qui montent vite et haut.
Envoyons en passant la calotte au poteau:
Curés, rabbins, pasteurs, tuons ces zigotos
Ainsi que leurs alliés soi-disant marginaux
Dont la stupide foi d'esclaves paranos
Insulte nos raisons de seigneurs surpuissants,
Nous qui sommes tous dieux dans notre propre sang.
Tuons évidemment les gardiens de prisons,
Tous les politiciens, tous ceux dont l'horizon
Est de borner le nôtre à de strictes limites
Qui donnent à bouffer la liberté aux mites.
N'épargnons point, non plus, messieurs les militaires;
Immolons ces guignols et faisons-les se taire.
N'oublions pas, mourdious! de tuer les psychiatres
Qui de nos subconscients se déclarent les pâtres.
Tuons tous ceux qui croient qu'un bulletin dans une urne
Changera le merdier qui nous casse les burnes.
Tuons qui se complaît, pourvu que l'on surnage,
Dans un monde vaseux qu'en vain l'on aménage
Tuons ce qui concourt par de pâles réformes
A garder nos vécus vassaux des vieilles formes.

***

Il faut, pour réussir, donner à not' révolt'
Une force d'impact de cent milliards de volts.
Libérons nos passions! Soyons paroxystiques!
Exigeons des plaisirs hautement frénétiques!
Détruisons et brûlons tout ce qui nous empêche,
De quelconque façon, d'avoir toujours la pêche!

***

Le travail est un mal, cultivons la paresse
Au lieu de travailler, couvrons-nous de caresses!
A bas le dévouement, le goût du sacrifice,
A bas la modestie sur laquelle je pisse!
Rions, baisons, vivons, et à bas l'ascétisme
Qui mène tant de gens tout droit au crétinisme!
Mort aux institutions! Redevenons sauvages!
De tous les pisse-froid décidons le carnage!
Apprenons aux enfants à brûler leurs écoles,
A copuler entre eux, à boire de l'alcool!
Allons d'un pas coquin faire mille conquêtes
Chez les vieux occupants des maisons de retraite:
Avec eux nous ferons de folles bacchanales,
Mettant la joie au coeur, ainsi qu'au trou de balle,
De ces aïeux chenus qui si près de la tombe
Rigoleront enfin tout en faisant la bombe.
Pour combattre l'ennui soyons des flibustiers:
A son abolition donnons-nous tout entier!
Avec acharnement, ruons dans les brancards:
La guerre est déclarée contre tous les tocards!
Mais n'acceptons jamais de marcher au martyre:
Zut à tous les héros qui rêvent de souffrir!
N'omettons point, crénom! de jeter bas les grilles
Qui depuis deux mille ans constituent la famille,
Non plus que les ghettos de rigueur carcérale
Que sont les prétendues communautés tribales!
Proclamons qu'à tout coup la femme devient moche
Quand elle est transformée en pondeuse de mioches!
Il arrive parfois que lors de quelque crime
De son propre bourreau complice est la victime;
N'ayons donc en ces cas nulle pitié pour elle,
Qui n'est à ses dépens qu'une bête cruelle.
Nous n'avons pas en nous les élans masochistes
Des libéraux tarés et des sots humanistes:
Soyons intolérants! Vive le terrorisme!
Nous irons jusqu'au bout de ce jusqu'au-boutisme,
Balayant devant nous ceux qui n'ont d'autre envie
Que de s'enquiquiner en disant: "C'est la vie!"
Nous voulons que la vie, justement, soit la fête,
Et pour y parvenir nous ferons place nette,
Nous sommes impatients, il est urgent de vaincre:
Nous n'avons pour l'instant pas le temps de convaincre.
Haro sur l'ennemi! Sautons-lui sur le râble!
Pas de juste milieu! Soyons déraisonnables!

***

Je crains que sur ce ton je ne m'égare (de l'Est),
Oubliant de lâcher, si je n'y prends garde, du lest.
Il me semble évident, pour abattre la bête,
Qu'il faut soigneusement la viser à la tête.
Il est donc décisif que les prioritaires,
Parmi tous les gredins qu'il faut jeter à terre,
Soient ceux qui voudraient bien penser à notre place.
De les tuer d'abord, ceux-là, ayons l'audace
En leur flanquant des coups plus forts que ceux d'Hercule,
Des coups sans rémission: des coups de ridicule.

***

A moi Pieds Nickelés, Abott et Costello,
Et Laurel et Hardy, mes amis, mes poteaux!
Placée entre vos mains toute tarte à la crême
Se mue magiquement eu une arme suprême.
Rondid'jiu! gloire à vous et gloire à Mack Sennett!
Vous avez inventé, je l'affirme tout net,
L'attentat culturel le plus croquignolet,
Le plus tord-boyautant, le plus ollé-ollé,
L'attentat le plus gai auquel on s'est hissé:
C'est à vous que l'on doit l'attentat pâtissier,
Cet attentat farceur, cet attentat de rêve,
Cet attentat dont nul, jamais, ne se relève.
N'importe quel crétin, lorsqu'il est entarté,
Est comme mort, occis, à jamais écarté;
Il est atteint, de fait, au point le plus sensible,
A savoir son honneur, qui a servi de cible.

***
J'ai pour ma part, ma foi, voici quelques années,
Entrepris vaillament une ferme croisade
D'attentats pâtissiers teintés de rigolade.
Ceux qui furent visés reçurent sur le nez,
En public, brusquement, une tarte à la crême
Que j'ai tenu, bien sûr, à leur lancer moi-même.
Aucun ne s'en remit: on chercherait en vain,
Parmi ces entartés qui sont dix-huit ou vingt,
Lequel a survécu à son entartement:
Tous sont morts désormais, définitivement,
Etouffés et broyés par tant de ridicule,
Mieux enterrés sous lui que sous un monticule.
J'ai entarté d'abord Marguerite Duras,
Dont les livres m'ennuient et les films m'agacent;
Elle est vouée, depuis, pis qu'à l'anonymat,
Momifiée par les pieux Cahiers du Cinéma.
J'ai frappé peu après, pour me faire la main,
Un prénommé Henri dont le nom est Guillemin:
Ce radoteur savant, dans ses livres d'Histoire,
Prenait trop, pour mon goût, ses lecteurs pour des poires:
Depuis lors la télé ne le montre plus guère,
C'est oublié qu'il gît ou que, spectral, il erre.
Agissant une nuit au nom de Terpsichore,
D'un chorégraphe odieux le bec j'ai voulu clore.
C'était ce Stalinien de Maurice Béjart,
Aux entrechats balourds autant que ceux d'un jars:
Qui se soucie (ou là) que Béjart vive encor
Ou que les asticots aient boulotté son corps?
Autre exemple au hasard, sachez que j'ai bien ri
En entartant le groin de Marco Ferreri.
C'était sous le soleil, au festival de Cannes,
Et mon courroux grondait, ouvrant toutes ses vannes,
Contre le cinéaste ayant fait à l'esbrouffe
Un certain bruit bidon avec sa Grande Bouffe:
Ferreri illico, malgré sa vaste panse,
Sous l'outrage crémeux retomba en enfance.
Il ne balbutie plus, conspué des badauds,
Que ces séniles mots: "Pipi-caca-dodo..."
Si vous les aviez vus, ces pantins culturels,
Ces Duras étriquées, ces Guillemin solennels,
Ces Béjart chichiteux, ces Ferreri ventrus,
Plus grotesques encor que nul ne l'aurait cru,
Si vous les aviez vus dégoulinants de crème,
La pâte du gâteau souillant leurs faces blêmes,
Si vous les aviez vus demeurer, ahuris,
Bras ballants face à moi, oh! que vous auriez ri!
Sachez-le, sacrebleu! c'est bien de ridicule
Que sous mes coups tarteux sont mortes ces crapules.

***

Mais il ne faudrait point, car se serait dommage,
Dormir sur ces lauriers: aussi, ferais-je un gage.
Je vais non seulement repartir en croisade,
Frappant ici et là au gré de mes balades,
Provoquant la terreur très pâtissièrement
En lançant mes gâteaux imperturbablement,
Mais je vais de surcroît multiplier mes cibles
Et m'en prendre à tous ceux que j'estime nuisibles.
En toute heure, en tout lieu, je surgirai de l'ombre,
Et jetterai, vengeur, des tartes en grand nombre.
Je frapperai partout, nul ne m'échappera.
Je serai sans pitié: on verra c'qu'on verra!

***

Si ça ne suffit pas, ma patience a des bornes:
Je prendrai aussitôt le taureau par les cornes,
Et d'onctueux étrons seront bien plus utiles
Que de la Chantilly sur mes chers projectiles.

***

Mais si malgré cela quelques crétins s'avèrent
De mériter encor châtiment plus sévère,
Ma fureur désormais n'aura plus de limite:
J'emploierai des gâteaux truffés de dynamite!


Et pour le plaisir des yeux et des oreilles, le commentaire de Pierre Desproges sur un des entartages de Bernard-Henri Lévy

et les commentaires de Noël Godin suite à l'entartage de Bill Gates

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23 janvier 2007

Assis sur un fagot

Assis sur un fagot, une pipe à la main,    
Tristement accoudé contre une cheminée,    
Les yeux fixés vers terre, et l’âme mutinée,    
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.    

L’espoir, qui me remet du jour au lendemain,    
Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,    
Et me venant promettre une autre destinée    
Me fait monter plus haut qu’un empereur romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,    
Qu’en mon premier état il me convient descendre,    
Et passer mes ennuis à redire souvent:

Non, je ne trouve point beaucoup de différence    
De prendre du tabac à vivre d’espérance,    
Car l’un n’est que fumée, et l’autre n’est que vent.

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661)

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14 janvier 2007

Thanksgiving Prayer

Thanksgiving Prayer de William S. Burroughs, mis en images par Gus Van Sant


Thanks for the wild turkey and the passenger pigeons,
destined to be shit out through wholesome American guts.

Thanks for a continent to despoil and poison.

Thanks for Indians to provide a modicum of challenge and danger.

Thanks for vast herds of bison to kill and skin leaving the carcasses to rot.

Thanks for bounties on wolves and coyotes.

Thanks for the American dream,
to vulgarize and to falsify until the bare lies shine through.

Thanks for the KKK.
For nigger-killin' lawmen, feelin' their notches.
For decent church-goin' women, with their mean, pinched, bitter, evil faces.

Thanks for "Kill a Queer for Christ" stickers.

Thanks for laboratory AIDS.

Thanks for Prohibition and the war against drugs.

Thanks for a country where nobody's allowed to mind the own business.

Thanks for a nation of finks.

Yes, thanks for all the memories-- all right let's see your arms!

You always were a headache and you always were a bore.

Thanks for the last and greatest betrayal of the last and greatest of human dreams.

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01 janvier 2007

Bonne année mon cul !

Un titre pareil dans la rubrique "Poésie et citations", c'est gonflé non ? Grossier ? Vulgaire ?

Lisez-moi plutôt ça :

(...) Janvier est de très loin le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l'année.

Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé.

Et qu'est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...

Dieu Merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de «Bonjour à tous», j'ai mis «Bonne année mon cul». C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.(...)

Pierre Desproges in Chroniques de la haine ordinaire (Le Seuil, 1987)

chroniques_02_med

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19 novembre 2006

Quelques pensées de San-Antonio

Rien de tel que quelques citations de l'immense Frédéric Dard pour finir le week end et attaquer la semaine

L'ingéniosité en amour, c'est comme la poésie en littérature. On peut s'en passer, mais c'est dommage.

Quand j'entends discourir des cons au restaurant, je suis affligé, mais je me console en songeant qu'ils pourraient être à ma table.

Le monde est plein de mecs qui pensent faire leur devoir parce qu'ils font ceux de leurs enfants.

Il vaut mieux charrier des remords que des regrets.

La philosophie, c'est l'art de se compliquer la vie en cherchant à se convaincre de sa simplicité.


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31 octobre 2006

Réversibilité

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine?

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans les yeux où longtemps burent nos yeux avides?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté;
Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières!

Charles Baudelaire

portrait_

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29 octobre 2006

Sensation

sensation

Cette fin d'octobre aux températures estivales, c'est comme du temps de gagné sur la grisaille et les humeurs gentiment dépressives que l'automne génère sur beaucoup, même si personnellement, je préfère l'automne à l'été, la pluie à la canicule, les feuilles mortes aux chairs rougeaudes et velues exposées à tous les regards.

Allez, pour se faire plaisir...

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.

Arthur Rimbaud, Sensation (Mars 1870)


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