La fin d'un mythe
Les ex-employés du mythique delicatessen Chez Ben's -qui sera bientôt détruit- se sont donné rendez-vous hier à l'ONF, rue Saint-Denis, histoire de se retrouver et de visionner ensemble un documentaire signé Tim Rideout sur leurs cinq mois de grève. Au menu: pas de smoked meat, certes, mais force accolades, rires et larmes au coin de l'oeil.
Le documentaire ne sera pas diffusé en salle. Il s'agissait simplement d'immortaliser sur pellicule une bataille que la douzaine d'employés présents (sur 22) ont juré ne pas regretter.
«Quand ça fait 21 ans que tu travailles au même endroit, que t'es placier -sans pourboire- à 13,22$ l'heure et que tu dois te battre pour 40 cents de plus, tu te dis à un moment donné que c'est assez», dit Gurmukh Masand.
Le président du syndicat, Charles Mendoza, affichait, lui, 52 ans d'états de service. Il n'est pas déçu, pas fâché. Il est fier de s'être battu pour un peu de dignité, fier d'avoir vécu une expérience syndicale et content d'avoir vu Val-d'Or, le temps de manifestations qui l'ont mené jusque-là. Pour l'instant, il prend des cours de français et cherche à réintégrer le marché du travail.
«Je m'ennuie des clients, mais bon, j'ai été serveur pendant 35 ans, j'aimerais essayer autre chose, un travail manuel, peut-être», dit pour sa part Brian Kravitz.
À l'écran, armé d'un grand couteau, on voit un employé couper le smoked meat et déclarer qu'en cela comme en d'autres choses, ce n'est pas la taille de l'outil qui compte, mais ce qu'on en fait. La salle s'exclame, comme elle rigolera ferme en entendant un des siens dire qu'un coup partis, ils auraient pu, aussi, poser pour un calendrier sexy. Comme un refrain, on les entend aussi crier à l'écran: «Pas de doigts dans la salade de chou!»
Bien que commandé par la CSN, le documentaire intitulé Wanted: Les derniers jours de Ben's Delicatessen inclut la version de la famille propriétaire. Pour un sandwich, un cornichon, quelques frites et de la salade de chou, tu ne peux toujours bien pas faire payer le client plus de 10$, dira Bernard Voyer, porte-parole des Kravitz. En clair: l'économie du smoked meat, en plein centre-ville, ne tenait plus.
Bien que la viande du fameux Schwarz's soit considérée comme étant la meilleure, c'est chez Ben's que je préférait aller manger mon smoked meat quand j'ai eu la chance de passer par Montréal.
Tout y était : l'atmosphère un peu désuette, la carte des mets longue comme le bras alors que 99 % des clients y consommaient la même chose, les photos de célébrités sur les murs, les serveurs qui te parlent comme s'ils t'avaient toujours connu, bref, c'était un passage obligé et je me faisais déjà une joie d'y repasser l'année prochaine.
Une page se tourne. C'est con, il avait presque 100 ans le resto. Triste...
Toujours la même chanson
Ils se souviennent au mois de mai
D'un sang qui coula rouge et noir
D'une révolution manquée
Qui faillit renverser l'histoire
J'me souviens surtout d'ces moutons
Effrayés par la liberté
S'en allant voter par millions
Pour l'ordre et la sécurité
(Hexagone - Renaud, 1975)
Ca marche aussi très bien pour la Suisse, évidemment...
Réfléchissez bien
Je sais amis français, ce blog qui dormait depuis plusieurs semaines, se réveille et commence à ressembler à un site de propagande contre votre futur président mais j'habite pas loin, ma femme et mon fils ont le passeport frenchy et si ça se trouve, on sautera la frontière un de ces jours, je me sens donc très concerné et quand je lis ce genre d'histoire (trouvé sur le site du Monde), ça me fait frémir :
Leur père est choqué. Deux frères de 8 et 11 ans pourraient se voir prélever leur ADN, par la gendarmerie, pour avoir volé deux tamagotschi et deux balles rebondissantes dans un hypermarché du Nord, raconte Le Parisien, samedi 5 mai 2007. Les échantillons seraient conservés dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).
Des gendarmes se sont rendus cette semaine au domicile familial. "Ils venaient nous apporter une convocation pour vol dans la mesure où le magasin a porté plainte, explique le père au Parisien. Ils ont expliqué à mon fils aîné qu'il serait photographié, qu'on lui prendrait ses empreintes digitales et aussi ses empreintes génétiques, ajoutant même que mon fils ne pourra pas forcément faire le métier qu'il veut plus tard car il sera fiché !"
Comme beaucoup de Français, le père pensait que le fichage génétique était réservé aux délinquant sexuels, et aux adultes. Pour surprenant que cela puisse paraître, il n'en n'est rien, précise Le Parisien. La loi ne prévoit ainsi pas d'âge minimum, rappelle le quotidien.
Depuis la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure de 2003, une centaine de délits obligent à se soumettre au prélèvement génétique. Limitée, à l'origine, aux infractions sexuelles, la législation concerne aujourd'hui les meurtres et les cambriolages, les vols simples, les tags ou les dégradations. Il concerne désormais les personnes condamnées mais aussi les simples suspects.
Depuis l'entrée en vigueur de ces dispositions, le Fnaeg explose. De 2003 à 2006, le nombre de profils enregistrés est passé de 2 807 à plus de 330 000. Bien que ce système ait permis d'élucider plus de 5 000 affaires, ceux qui s'opposent aux prélèvements dénoncent l'instauration d'un "répertoire de masse". Les refus de prélèvements génétiques pour des petits délits se multiplient, entraînant des procès.
Le père des auteurs du larcin s'opposera au fichage génétique de ses enfants, le cas échéant, malgré les lourdes sanctions prévues pour les contrevenants : jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.
"Ce n'est pas du bétail que l'on doit marquer au fer, plaide-t-il dans Le Parisien. Les parents des deux chapardeurs les ont punis et sermonnés et se réjouissaient initialement du passage des gendarmes et de ses vertus pédagogiques.
"Cette situation met en lumière les dérives possibles de l'utilisation abusive du fichage génétique", réagit Josiane Bigot, magistrat et président du Réseau pour l'accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes, dans Le Parisien.
Le père et les deux fils étaient convoqués samedi après-midi à la gendermerie pour "audition des enfants".
Comment va la vie en France ?
Le magazine Témoignage Chrétien (pas du tout ma came mais bon...) publie dans son dernier numéro un dossier "Les 51 bonnes raisons de ne pas voter Sarkozy".
Des personnalités de tous horizons expliquent pourquoi ils ne donneront pas leur voix à ce type.
Parmi ces témoignages, l'un m'a presque tiré des larmes. J'avais comme tout le monde entendu parler de ces affaires mais la façon dont en parle la psychothérapeute Livia Javor est d'une grande force :
Le 4 avril, j'ai pris l'avion pour Budapest afin d'y célébrer en famille les 93 ans de mon père.
Mon père est très étonné d'être encore de ce monde, il s'attendait toujours à mourir jeune, comme ses deux parents : à l'âge de 10 ans il avait perdu son père, à 12 sa mère. Troisième enfant d'une fratrie de cinq, quatre garçons et une fille, il a vu son plus jeune frère et sa petite soeur intégrer l'orphelinat tandis que lui, déjà assez grand pour travailler, a dû arrêter l'école et gagner sa vie en tant qu'apprenti. Autodidacte, il est devenu un homme cultivé.
Lorsque petite fille, je lui avais demandé de quoi étaient morts mes grands parents, il m'avait répondu : "De misère, de pauvreté."
La veille de mon départ, donc, le 3 avril au soir, je regarde les informations sur France 2 et j'apprends que ce jour-là, à l'heure du repas de midi, une directrice d'école primaire a fait aligner, le long de la barrière de la cour de récré, la vingtaine de petits garçons et de petites filles dont les parents n'avaient pas réglé le prix de la cantine. Elle leur a fait distribuer de l'eau et du pain sec. Je regarde, j'écoute et je commence à faire ma valise.
Mes larmes ne se sont mises à couler que le lendemain lorsque, en réponse à la question de mon père "Alors, comment va la vie en France ?", je lui ai raconté cette histoire. Je lui ai également raconté celle d'une autre directrice d'école, celle qui avait le courage de chasser les flics de Sarko venus arrêter un grand-père dont les papiers n'étaient pas en règle, devant la porte de l'établissement où il était venu chercher sa petite fille.
Sàrközy, en hongrois, veut dire "de l'île boueuse". Il porte hélas bien son nom.
Avec la peur au ventre et l'espoir au fond du coeur.
Malgré le soleil, allez voter !
Une fois encore
Une fois encore, mes compatriotes ont voté comme leurs politiciens-lobbyistes le leur ont conseillé et ont balayé l'initiative qui nous donnait une chance d'essayer un autre système de santé.
Une fois encore, le camp qui avait le plus de moyens a gagné. Tout ça parce que, comme partout et comme de plus en plus, on décide de son vote sur la base d'une affiche au slogan populiste plutôt que de prendre une heure sur son temps de télé pour lire et s'informer un peu avant de glisser son enveloppe dans la boîte.
Pauvre petit pays engoncé dans son égoïsme et sa peur du changement...
Action contre le changement climatique
Le 1er février 2007, dans toute la France, participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le Changement Climatique !
L'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète :
Tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00.
Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique. Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale. Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection présidentielle! Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.
Je ne sais jamais trop quoi penser de ce type d'actions (les bougies sur la fenêtre pour la paix, le petit ruban pour montrer sa solidarité envers les malades du sida, etc, etc).
Sur le site de John Paul Lepers, d'où j'ai repris l'info sur cette initiative, un internaute a eu la réaction suivante, avec laquelle je suis assez d'accord :
C'est bien. Très très bien. Et on fait quoi pendant 5 minutes dans le noir ? 5 minutes, juste de quoi envisager des préliminaires avec sa partenaire. Bon il y aura peut être 1000 glandus qui vont couper l'électricité chez eux. Et après. On rallume tout et on se sera donné bonne conscience pendant 5 minutes. Tout ça me semble un peu démago. J'ai pas d'idées LUMINEUSES sur le sujet. Alors ce 1er février, je ne couperai pas l'électricité, mais je continuerai à couper l'eau en me brossant les ratiches, j'éteindrai ma télé et mon ordi et je baisserai le chauffage en allant me coucher, je continuerai à faire mon tri sélectif et j'irai voter le 22 avril.
Denis Robert écrit à François Hollande
J’ai lu dans le dernier numéro de l’année des Inrocks, que pour vous l’affaire Clearstream se résumait à un informaticien « sans scrupules » qui aurait abusé de la confiance d’un journaliste « sans méfiance » lequel aurait fait tomber dans un piège un juge « sans défense »… Je vous réponds aujourd’hui pour compléter cette réflexion. Point de polémique dans ce courrier simplement la volonté de mieux vous informer. Afin que plus tard, surtout au sein de votre parti, vous ne véhiculiez plus une vision si réductrice de ce qu’est cette affaire. Je la vis de l’intérieur et la simple analyse des faits vous montrera que j’en suis une des victimes. Bien plus que les hommes politiques ou champions de l’armement dont les noms sont souvent cités. Ce qui ne veut pas dire que je ne sois pas combatif, ni soutenu et encore moins « sans méfiance ».
En quelques semaines, plus de 4000 personnes se sont manifestées auprès du comité de défense qui s’est constitué, sans compter l’appui de Reporter sans frontières, du Syndicat National des Journalistes et du conseil d’administration de l’association Attac qui, à l’unanimité de ses membres, vient de voter une motion de « soutien total ». Près de 400 personnes nous ont écrit et ont envoyé des dons qui servent à lutter contre le harcèlement judiciaire dont je suis l’objet. Ce n’est qu’un début. Ce sont généralement des gens qui ont lu mes livres, connaissent mon parcours et sont très informés de la première affaire Clearstream, celle qui compte et qui dénonce le fonctionnement de la multinationale luxembourgeoise. Ils savent aussi mon rôle dans la seconde affaire, celle du corbeau, où les résultats de mon enquête et mes document ont été détournés à des fins au minimum politiciennes. Je ne suis pas un « journaliste sans méfiance » comme vous l’écrivez, et comme s’évertue à le raconter avec une constance touchante le journal « le Monde ». J’étais tellement méfiant à l’égard de l’informaticien Imad Lahoud que je n’ai jamais divulgué ses allégations, cherchant toujours à vérifier le vrai et le faux dans ces courriers anonymes qui ont secoué la tête de l’Etat, des services secrets et des milieux de l’armement pendant de si longs mois. On l’oublie trop souvent aujourd’hui mais il y avait beaucoup de vrai dans la première lettre. J’ai toujours cherché à savoir ce qui se cachait derrière la manipulation. J’y suis presque parvenu. Je suis sans doute un des premiers à l’avoir perçue. Et publiquement déjoué.
Si vous aviez lu mon dernier livre (Clearstream, l’enquête), vous sauriez que c’est grâce à cet ouvrage et au témoignage de Florian Bourges, l’auditeur d’Arthur Andersen que l’instruction des juges est sortie de l’enlisement et que Clearstream a été en partie disculpée. Ça peut sembler paradoxal. Si je m’étais tu, je m’en porterais mieux aujourd’hui. Mais je crois encore à des fadaises comme la vérité, la justice, l’intelligence des lecteurs… Vous auriez également relevé que ce livre, pour d’obscures raisons de censure, a été retiré des librairies pendant près d’un mois en juin dernier. Aucun politique, si rapide à dégainer quand la liberté est menacée ailleurs, n’est intervenu pour trouver cela scandaleux ici. Ça l’était pourtant. Des chefs de rayon sont quand même entrés dans des librairies pour retirer des piles de livres qui venaient d’y entrer.
Je suis également un de ceux qui a le plus protégé le juge Van Ruymbeke, ainsi que mon principal témoin, ma source au sein de Clearstream, Florian Bourges, car je ne souhaitais pas les voir mis en cause dans un règlement de comptes au sommet de l’État. Il n’y avait que des coups à prendre dans cette instrumentalisation de la justice. Et des coups, nous en prenons un peu trop depuis quelques semaines. Nous et personne d’autres.
Cette affaire gigogne est l’accumulation de plusieurs scandales dont ma mise en examen récente n’est pas le plus anodin. Vous auriez écrit un juge « sans méfiance », un journaliste « sans défense », j’aurais à la limite mieux compris. Là, votre jugement lapidaire me laisse perplexe. Je suis mis en examen à la demande pressante de Clearstream. La plainte pour vol et recel déposée par la multinationale a été encouragée par le Parquet Général de Paris. Vous n’êtes pas sans savoir que son représentant est l’ancien conseiller Justice du Président de la République. Le Garde des Sceaux l’a soutenue, comme le Premier Ministre. Vous savez, celui qui fait des pompes quand on l’interroge…
Cette mise en examen permet d’étouffer la première affaire. Celle de la « boîte noire » de la finance qu’est Clearstream, protégée par l’Etat luxembourgeois, dont les clients peuvent dissimuler leurs transactions vers les paradis fiscaux. La dilapidation de nos investissements par les prédateurs de la finance, les évasions de capitaux au profit des tycoons et des champions de la défiscalisation : Voilà un vrai problème ! Un sujet sur lequel j’aimerais vous entendre... Pour plus de détails, demandez à vos collègues Vincent Peillon et Arnaud Montebourg qui ont mené une mission d’information sur ce sujet et ont pu vérifier en tous points que ce que je dénonçais était exact, fondé, étayé… A l’époque, c’était en 2002, leurs pires ennemis étaient au sein de votre parti Messieurs Védrine et Fabius qui, pour des raisons de real politique, étaient venus en aide au Luxembourg, à son premier ministre et à ses banquiers. J’avais alors écrit qu’il existait des socialistes de droite et des socialistes de gauche. Les lignes semblent avoir bougé, le problème reste cruellement posé.
Vous êtes le premier secrétaire d’un parti aux portes du pouvoir qui devrait se soucier davantage de ces questions et de la liberté d’informer. Elle est aujourd’hui, par ma mise en cause, gravement piétinée.Vous devriez réfléchir et faire des propositions pour mieux nous protéger –moi et tous ceux qui cherchons à éclairer le public sur ces affaires… Il est anormal qu’aujourd’hui je sois mis en examen et poursuivi en diffamation dès que je m’exprime. Il est anormal que j’ai à supporter tous ces frais de justice simplement parce que mes adversaires sont riches et la tête de l’Etat déliquescent. Il est anormal que j’ai à vous le dire.
Vous devriez, en vue des élections qui profilent, penser à des lois qui pourraient aider au contrôle de ces outils apatrides comme Clearstream. Ce n’est pas une obsession, c’est une évidence. C’est techniquement possible. J’aimerais vous entendre vous exprimer sur l’assèchement de nos économies grâce à ces autoroutes de la finance où seules les grosses cylindrées peuvent rouler. Le pouvoir et l’influence des banquiers d’affaires est de plus en plus voyant. Ce sont eux, en premier chef, qui ont mis en place et utilisent Clearstream. Qui les contrôle ? Qui va dire « stop » ? Le chantier est vaste. L’invective facile. C’est aussi mon rôle de vous écrire cela aujourd’hui. Je crois encore aux vertus démocratiques et au pouvoir des politiques.
J’avais espéré plus de soutien de votre part. Ma mise en examen pour des motifs aussi futiles visent à faire de moi un paria. Après m’avoir isolé, on cherche à m’abattre comme un lapin. Mais je cours vite, j’ai développé de bonnes capacités de résistance et j’ai de plus en plus d’amis. Il est politiquement invraisemblable que seule l’extrême gauche et des associations citoyennes me soutiennent aujourd’hui.
Si être socialiste c’est être de gauche, et si être de gauche c’est lutter contre les outrances du capitalisme financier, l’affaire Clearstream, la vraie, devrait être pour vous un formidable moyen de toucher ce « peuple » de gauche qui semble vous fuir depuis tant d’années.
Je me tiens à votre disposition pour vous en parler et vous expliquer. Cette affaire est loin d’être finie et j’aimerais vraiment vous aider à mieux la comprendre. Ne voyez aucune malice, ni aucun piège à ce courrier. Je vous souhaite de bonnes fêtes et une très heureuse année 2007. Si elle est bonne pour vous, elle le sera sans doute aussi un peu pour moi.
Bien à vous
Denis Robert
le 6 janvier 2007
Pour en savoir plus sur Denis Robert et ses combats, vous trouverez ici la page Wikipédia qui lui est consacrée. Les liens vers son blog et les comités de soutien y sont.
Un coffret DVD réunissant 4 de ses films est disponible depuis peu. Et comme c'est le seul moyen de les voir, foncez l'acheter !
Johnny
Je comprends que Johnny, soucieux de préserver ses revenus, ait choisi de s'installer en Suisse. Il nous faut au plus vite consentir à des efforts fiscaux pour que notre idole nous revienne au plus vite. Il importe simplement que Johnny nous précise quels école, hôpital, commissariat, centre de recherche ou bureau de poste nous devrons fermer pour qu'il ajoute une ou deux unités à sa collection de Harley.
Nathalie Cornu (courrier des lecteurs de Télérama n° 2973, janvier 2007)
Serment d’un progressiste à des conservateurs démoralisés
Suite à la victoire des démocrates aux USA, Michael Moore s'est adressé aux électeurs républicains. Publié dans le Los Angeles Times et repris dans Courrier International, c'est le Serment d’un progressiste à des conservateurs démoralisés :
Je souhaiterais tendre un rameau d’olivier. Ceux d’entre vous qui se disent conservateurs et votent généralement républicain viennent de passer quelques semaines douloureuses. Faites-moi confiance, je sais ce que c’est. De fait, nous autres du camp adverse ne savons pas vraiment ce qu’est la victoire et, si nous n’avons pas l’air très à l’aise ces derniers temps, il ne faut pas nous en vouloir. Je sais que vous êtes décontenancés par les résultats du 7 novembre.
Ce que je ne veux pas, c’est que vous sombriez dans la même grande frousse qui nous a envahis, à gauche, pendant plus de vingt ans. Certes, c’en est fini de votre révolution républicaine, mais accrochez-vous quand même. Ne vous laissez pas abattre. Ni moi ni les millions d’électeurs qui ont voté démocrate n’avons intérêt à crier vengeance pour les douze dernières années. Bien au contraire, laissez-moi vous faire douze promesses quant à l’attitude que nous adopterons envers l’opposition dans les années à venir.
Voici donc mon Serment d’un progressiste à des conservateurs démoralisés :
1 – Nous vous respecterons toujours. Jamais, au grand jamais, nous ne vous traiterons d’ “antipatriotes” au seul motif que vous n’êtes pas d’accord avec nous. Mieux, nous vous encourageons à la dissidence et au désaccord.
2 – Nous vous laisserons épouser qui vous voulez (et cela bien que certains d’entre nous jugent le comportement républicain “différent”, voire “immoral”). Qui vous voulez épouser n’est pas notre affaire. Aimez, tombez amoureux – c’est un merveilleux cadeau.
3 – Nous ne dépenserons pas l’argent de vos petits-enfants pour nos caprices personnels ou pour enrichir nos amis. Ce sont vos comptes à vous aussi, et nous les équilibrerons pour vous.
4 – Bientôt, quand nous ferons rentrer d’Irak nos fils et nos filles, nous ramènerons aussi vos fils et vos filles. Nous nous engageons à ne jamais envoyer vos enfants dans une guerre fondée sur une présentation PowerPoint minable mitonnée par des types qui n’ont jamais fait la guerre.
5 – Quand nous ferons des Etats-Unis la dernière démocratie occidentale à offrir une couverture maladie universelle et que tous les Américains bénéficieront d’une aide en cas de maladie, nous vous promettons que vous pourrez vous aussi consulter un médecin, que vous puissiez le payer ou non. Et quand la recherche sur les cellules souches aura mis au point des traitements et des remèdes contre des maladies qui vous touchent, nous ferons en sorte que vos proches et vous ayez aussi accès à ces progrès.
6 – Quand nous aurons dépollué notre air et notre eau, vous aussi pourrez respirer cet air plus propre et cette eau plus pure. Quand nous aurons enrayé le réchauffement climatique, vous n’aurez même plus besoin de chercher votre future maison au bord de la mer à Yuma, au beau milieu de l’Arizona.
7 – Si jamais un meurtrier tue 3 000 personnes sur notre sol, nous consacrerons tous nos moyens à sa traque et à sa traduction en justice. Immédiatement. Nous vous protégerons.
8 - Nous n’irons jamais regarder ce que vous faites sous la couette ou ce qui se passe dans votre ventre. Ce que vous faites en tant qu’adultes consentants est votre affaire. Nous continuerons à calculer votre âge à partir de votre date de naissance, pas à partir de la date de votre conception [allusion aux militants antiavortement].
9 – Nous ne vous reprendrons pas vos fusils de chasse. Mais si vous avez besoin d’un fusil d’assaut ou d’un pistolet pour tuer un oiseau ou un cerf, c’est que vous n’êtes pas très bon comme chasseur et que vous devriez peut-être vous trouver un autre sport. Parallèlement, par souci d’équité, nous armerons le cerf.
10 – Quand nous augmenterons le salaire minimum, cela concernera aussi vos employés. Ils utiliseront cet argent pour acheter davantage, ce qui signifie que vous serez remboursés ! Et quand les femmes seront enfin payées comme les hommes, nous ferons en sorte que les femmes de droite en bénéficient également.
11 – Nous respecterons vos croyances religieuses, même lorsque vous ne les mettez pas en pratique. Nous allons même tout faire pour promouvoir les aspects les plus audacieux de vos croyances religieuses – “Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu”, “Aimez vos ennemis”, “Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’entrer au royaume de Dieu” et “Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait”. Nous ferons savoir aux peuples des autres pays que Dieu ne bénit pas seulement les Etats-Unis, qu’il bénit tout le monde. Nous découragerons l’intolérance et le fanatisme religieux – en commençant par balayer devant notre porte.
12 – Nous ne tolérerons pas les politiques qui sont corrompus et enfreignent la loi. Et nous vous promettons de mener notre chasse aux politiciens corrompus en commençant par notre propre parti. Si nous manquons à cet engagement, nous comptons sur vous pour nous rappeler à l’ordre. Le simple fait d’être au pouvoir ne nous donne pas le droit de fermer les yeux si notre parti se dévoie. Merci d’accomplir ce grand devoir qui incombe à une opposition loyale.
Si je prends tous ces engagements envers vous, c’est que ce pays est aussi le vôtre. Vous êtes aussi américains que nous. Et nous sommes tous dans la même galère. Merci pour ces années passées au service du pays et merci de nous donner l’occasion de voir si nous pouvons améliorer ne serait-ce qu’un peu le sort de nos 300 millions de compatriotes – et du reste du monde.
Et maintenant reprenez-vous, et allons boire un Frapuccino!







